Histoire & patrimoine

PRÉSENTATION DE LA COMMUNE DE SAINT ELLIER DU MAINE

DONNÉES GÉNÉRALES :

– ANCIEN CANTON DE LANDIVY AVANT 2015,

– CANTON DE GORRON DEPUIS 2015,

– RATTACHÉE A LA COMMUNAUTÉ DE COMMUNE DU BOCAGE MAYENNAIS,

– SOUS-PRÉFECTURE : MAYENNE

– RÉGION : PAYS DE LOIRE

– SUPERFICIE : 17.95 km2 ou 1 795 hectares

– 540 habitants,

– Traversée par deux cours d’eau : La Glaine et la Futaie,

– Commune limitrophe de la Bretagne (à l’ouest)

– Commune subissant les influences des communes de Fougères, d’Ernée, de Gorron et de Louvigné du Désert.

DONNÉES HISTORIQUES :

– Le nom de Saint Ellier proviendrait du Saint Martyr Saint Ellier, patron de l’église paroissiale dont la fête est le 16 juillet.

– La paroisse de Saint Ellier du Maine existerait depuis au moins 1440, le nom de Saint-Ellier-du-Maine apparaîtrait sous sa forme actuelle depuis 1789, date à laquelle la France a été divisée en commune, le premier maire connu étant Jean MORIN maire de 1800 à 1806.

– A noter qu’en 1420, nous trouvons le nom de Saint Ellier du Pontmain et qu’en 1763 nous trouvons la référence de Saint Ellier de Montaudin.

– Quelques personnages ont marqué l’histoire de Saint Ellier :

  • La famille Labitte, particulièrement connue à Mayenne dans la Magistrature posséda Piel au XVI siècle.
  • Les descendants de la famille Egasse du Boulay sont nés au lieu-dit “Le Boulay».
  • Louis et Michel EGASSE du BOULAY furent procureur de la France au milieu du XVI siècle. L’un deux est l’auteur de six volumes in-folio où sont contenus les actes et l’histoire de l’université de Paris.

– Plusieurs postes de Gabelle existaient vers 1746-1764 ce qui occasionna des luttes entre gabeleurs et contrebandiers.

– Avant 1789, Pontmain était un lieu-dit rattaché à Saint Ellier du Maine. Lorsque Pontmain devint une commune à part entière en 1876, la population de Saint Ellier baissa d’environ 450 habitants (de 1486 habitants en 1841 à 952 habitants en 1891)

– En 1854, le cimetière originellement accolé à l’église est transféré sur le site actuel situé sur l’axe Fougères-Gorron.

– Autrefois, la commune comptait plusieurs artisans :

  • un cordonnier,
  • un charron (artisan travaillant le bois et le métal notamment des véhicule avant la motorisation),
  • un charpentier,
  • un maréchal-ferrant,
  • un sabotier,
  • un bourrelier (harnais, bâche, ..),
  • une modiste (chapeau)
  • un tonnelier.

 

SAINT-ELLIER-DU-MAINE

Historique

Le gueules et les trois points de vair d’argent proviennent des armes de la famille de Scépeaux, seigneur de Saint-Ellier pendant de longs siècles. La reprise intégrale du blason de seigneur étant interdite pour les communes il suffit d’en emprunter un ou plusieurs éléments. Les divises symbolisent les deux cours d’eau principaux de Saint-Ellier que sont la Futaie et la Glaine. Les ornements sont  deux gerbes de blé d’or, mises en sautoir par la pointe et liées de sable afin d’honorer l’activité agricole. Le listel d’argent porte le nom de la commune en lettres majuscules de sable. La couronne de tours dit que l’écu est celui d’une commune ; elle n’a rien à voir avec des fortifications.

PRÉCISIONS HÉRALDIQUES : Les effets d’ombre sont obligatoires pour visualiser les reliefs des différents composants constituant le blason. Ils sont toujours dirigés de l’angle du chef dextre à la pointe senestre. L’écu est le premier affecté par cet effet d’ombre puisqu’il correspond au bouclier que porte le récipiendaire, représenté notamment par la couronne et les ornements qui sont le premier plan. Le gueules est le premier niveau de l’écu, appelé champ, un peu comme un plateau sur lequel vont se disposer les éléments qui doivent apparaître en relief ; c’est la raison de l’ombre sur les divises ondées et les points de vair. Le point de vair est le nom donné à chacune des «cloches» qui composent cette fourrure caractéristique que l’on appelle le vair, alternant une ligne d’azur à une ligne renversée d’argent. La divise est la plus petite division de la fasce, d’où son nom.

ARMES UTILISÉES :

Le blason de Saint-Ellier-du-Maine a été réalisé en reprenant les armes de la famille de Scépeaux qui sont les suivantes :

BLASON : Créé par Jean-Claude MOLINIER, héraldiste amateur et adopté le 2 décembre 1999. « De gueules, à trois points de vair d’argent, accompagnés en chef et en pointe de deux divises ondées d’or.» TOPONYMIE : Nom d’origine chrétienne faisant référence à Ellier martyr du Mans. Le déterminant du Maine fait référence à l’ancienne province du Maine.

SAINT ELLIER AUJOURD’HUI

Commune de 540 habitants traversée par l’axe FOUGERES-GORRON d’OUEST en EST. La commune compte une vingtaine d’exploitations agricoles, avec des hors sols, un commerce multi-services (BAR RESTAURANT TABAC) fermé fin août 2017, une coiffeuse, un marchand de Bestiaux, une entreprise de transport et une entreprise construisant des ouvrages d’art.

Patrimoine architectural :

  • le château de La Pihoraye
  • Eglise de Saint Ellier d’époques diverses ( XI, XII, XV et XVII siècle) dédiée à Saint Ellier, Martyr, dont la statue en bois polychrome d’une hauteur de 2.20 m est à gauche du maître autel,
  • Cadran solaire, placé sur un contrefort du transept sud de l’église, en pierre datant de 1611 avec dans sa partie supérieure une inscription en latin et au centre la représentation d’un soleil sculpté dont les rayons marquent les heures,
  • Pierre tombale en granit datant de 1638 à l’entrée du chœur de l’église. A noter qu’il n’y a pas de présence de l’époque Gallo-romaine à Saint Ellier.

 

 

 

 

Les Maires de la commune

Frise Chronologique des Maires de la commune de St Ellier

PETIT HISTORIQUE DE LA PIHORAYE

Le premier seigneur connu des lieux est Juhel de la Pihoraye en 1325, d’où le nom de la Pihoraye que nous connaissons aujourd’hui. A la suite d’un mariage entre Guillemette de la Pihoraye et Guillaume de la Hauteniere, le domaine échut à cette famille d’ancienne chevalerie qui possédait déjà le domaine de la Hautenière à Fougerolles-du-Plessis. Cette famille viendra résider à la Pihoraye vers le milieu du XVI siècle. Parmi les membres de cette famille, retenons le nom de Charles de la Hauteniere qui unit sa destinée à celle de Guyonne de Miniac. Sous le fronton de la façade côté nord (c’est à dire de l’autre côté) une pierre en granit encastrée est sculptée aux armes des familles de la Hauteniere et des Miniac.

A la suite d’un mariage entre Marie de la Hautenière et Brandelys de Valory, la seigneurie devint la propriété de la famille de Valory. Ce fut Paul de Valory qui édifia ce château entre les années 1765 et 1770 sur l’emplacement d’un antique château. Cette seigneurie eut une juridiction très importante après la réunion des seigneuries de la Hautenière et de Montaudin. Ce château est une malouinière, c’est-à-dire une demeure construite dans le style très sévère des maisons de corsaires de Saint Malo. Construite en pierre de granit sombre, la Pihoraye se compose d’un corps de logis double avec un rez de chaussée, un étage et des combles.

Sa façade principale, orientée au nord, est dotée d’un fronton triangulaire et d’un perron à double rampe. Sous ce fronton est encastrée la pierre en granit matérialisant les armes des anciens seigneurs (la Hautenière et les Miniac). La façade opposée symétriquement donne sur un ravissant jardin à la Française. Cet édifice comprend une superficie habitable de près de 1 000 m2, divise en dix grandes pièces.

L’intérieur de la grande bâtisse est resté tel qu’à l’époque de la construction : grande boiserie, larges escaliers, carrelage d’antan, tapis soyeux et meubles d’époque. La Pihoraye a été achetée par le baron de Senevas, en 1921 et c’est lui qui a dessiné le parc à la Française. A noter qu’André Terrasson de SENEVAS, père de l’actuel Baron Raoul de Senevas a été conseiller général du canton de Landivy de 1928 à 1961 et maire de la commune de Saint Ellier de 1935 à 1972 avec une coupure en 1944, puis maire délégué lors de la fusion des communes de Pontmain-Saint Mars et Saint Ellier de 1972 à 1977.

Eglise Saint Ellier

Dans l’Eglise Saint Ellier (XIe- XIIe- XVIe), on trouve ce panneau consacré aux 29 paroissiens morts pour la France en 1914-1918. Fixée sur le mur gauche de la nef entre deux vitraux et deux stations du Chemin de Croix, cette grande plaque en marbre blanc rappelle la mémoire des enfants de Saint Ellier décédés au cours du premier conflit mondial.

L’Abbé Michel Guérin

Né à Laval le 8 juin 1801, dans une famille d’artisans du textile, Michel Guérin est baptisé le même jour en l’église Saint-Vénérand. Très vite attiré par le sacerdoce, il doit au dévouement de sa mère, prématurément veuve, de pouvoir poursuivre ses études et entrer au séminaire du Mans, Laval n’étant pas, à l’époque, siège d’un évêché. C’est donc au Mans qu’il est ordonné prêtre le 19 juillet 1829.
Nommé vicaire de Saint-Ellier du Maine, dans le nord-ouest de la Mayenne, l’abbé Guérin est particulièrement ému par le sort des habitants de Pontmain, village voisin qui, depuis une dizaine d’années, n’ont plus de prêtre et doivent, s’ils veulent assister à la messe et recevoir les sacrements, parcourir plusieurs kilomètres, par tous les temps, sur une très mauvaise route. Il obtient de Mgr BOUVIER, évêque du Mans, le 24 novembre 1836, la permission de s’installer à Pontmain et d’en assurer la charge spirituelle.
Aussitôt, il tient à raviver la dévotion mariale, offrant à chaque famille une statue de Notre-Dame afin qu’elle règne dans les foyers de sa paroisse, initiative qui le fait surnommer par ses confrères, « le curé aux Bonnes Mères ». Loin de tout, Pontmain, mal desservi, est alors un bout du monde misérable où la vie est difficile et la population pauvre. Avec un zèle infatigable pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, l’abbé Guérin entreprend de pallier à cette misère spirituelle mais aussi matérielle. Sollicitant préfets, maires, évêques, riches donateurs potentiels, mécènes éventuels, et même la reine Marie-Amélie, puis, plus tard, l’impératrice Eugénie, il parvient à restaurer de fond en comble sa petite église qui menaçait ruine, puis à l’embellir. Il fonde également une école tenue par des religieuses, déplace l’ancien cimetière, crée un bureau de bienfaisance chargé de l’assistance aux plus pauvres, obtient l’ouverture d’un bureau de tabac, ce qui évitera à l’avenir à ses paroissiens de se déplacer pour se procurer le papier timbré indispensable aux actes de la vie administrative. Il se bat aussi pour l’amélioration de la voirie et une meilleure desserte du village.
En 1840, ses sollicitations répétées auprès de l’évêché du Mans font de Pontmain une paroisse à part entière, dont il sera le premier curé. Ses démarches parallèles afin d’obtenir que le village devienne commune n’aboutiront qu’en 1876, après sa mort. Un saint prêtre ? Ces activités ne doivent pas dissimuler son zèle pour les âmes et la gloire de Dieu. L’abbé Guérin est un grand dévot de Notre-Dame, de l’Eucharistie et de la Sainte Croix. Il encourage la communion fréquente, la récitation du rosaire, la pratique du chemin de croix. Il parvient, jouant de ses relations de séminaire, à faire venir jusqu’à Pontmain quelques-uns des meilleurs prédicateurs de l’époque afin de prêcher missions et retraites. Peu à peu, il fait de sa paroisse un exemple de travail de nouvelle évangélisation réussie.
C’est pourquoi le principal mérite de l’événement du 17 janvier 1871 lui est généralement attribué par ses ouailles, à sa grande gêne car cet homme modeste ne se croit aucun charisme particulier. Il n’en verra pas longtemps les magnifiques retombées. Le 13 janvier 1872, l’abbé Guérin est victime d’un accident de voiture, sur la route de Saint-Ellier dont il a tant dénoncé les dangers. Grièvement blessé, il succombe le 29 mai suivant.

L’Abbé Auguste Bertrand

Parmi les officiers tués le 4 novembre 1914 lors de l’attaque d’Andechy, figure le lieutenant auguste Bertrand du 124e RI. Né le 11 mars 1888 à Saint-Ellier-du-Maine, près de Montaudin, il est le fils de Constant Bertrand, l’épicier du bourg, et de Françoise Guérin son épouse. Il est le dernier enfant d’une famille qui en compte trois, après sa sœur aînée Constance et son frère Francisque. Auguste Bertrand fut professeur à l’Immaculée Conception et vicaire à Saint-Germain-de-Coulamer. Il est mobilisé comme sergent au 124e RI. Nommé sous-lieutenant en septembre 1914.

Pour l’occasion, il écrivait à un ami le 20 septembre 1914 (le 124e quitte alors le secteur de Moulin-sous-Touvent) : « Ce dimanche 20 (?) je suis retiré après un long séjour dans les tranchées mouillées , à l’est de X… Je suis retiré jusque derrière X. J’ai reçu, hier soir, vos trois lettres du 27,  29, 30, une d’A… et c’est tout. Depuis X, j’ai peu écrit. Je vois par le Bulletin que vous avez su que je suis sous-lieutenant. Le régiment a eu des pertes nouvelles mais utiles, l’autre jour, derrière l’Aisne. Des morts à côté de moi : je n’ai rien eu. Dieu me garde, bien sûr. Mon tour viendra, c’est le sort de beaucoup. Je l’envisage avec sérénité… Nous voulons la victoire, mais la paix victorieuse sera bonne… Le Père Dassonville est avec nous depuis huit jours. Un deuil à vous annoncer : hier, j’ai perdu mon sac, mon bon vieux sac qui m’avait gardé tant de fois, qui contenait tout mon avoir en linge et papiers (journal, notes, quelques lettres et adresses etc…). J’ai été volé et suis ennuyé comme d’une grosse perte. Vous y perdez vous même deux lettres toutes faites… Je reçois enfin un mot de mon frère au 330e. Il doit être … Vivant encore le 30 août. Bonjour à … Pas de nouvelles de … depuis le 28. Adressez toujours par Laval. Ça viendra … quoique lentement. A Dieu… 

Depuis quelques mois, il commandait la 5eme compagnie. Au soir du 3 novembre, le lieutenant Bertrand avait déclaré à un adjudant, abbé lui aussi, séminariste de Saint-Sulpice : «Si l’attaque ne s’est pas faite plus tôt, c’est que nous, qui sommes en 1ère ligne, nous avons déclaré que c’était impossible. En tout cas, c’est un risque». L’adjudant sera blessé lors de l’opération, une jambe cassée, l’autre trouée d’une balle. Le 4 novembre 1914 à 10h45, l’officier s’élançait sur la plaine menant à Andechy suivi de ses hommes. Le 2ème/124 avançait rapidement puis se trouvait bloqué au sol par des feux violents. Vers midi, le lieutenant Bertrand faisait un bond en avant à la tête de sa compagnie (5ème/124). Un obus tomba non loin de lui, l’abattant ainsi que cinq ou six de ses hommes. L’éclat l’avait atteint à la tête, presque en même temps une balle l’atteignit au côté gauche, traversant de part en part son livret militaire, qu’il avait dans sa poche intérieure. C’était une avalanche de balles et d’obus. Les hommes étaient couchés au sol. Un homme de sa compagnie, Pierre Robert, de l’hôtel du Lion d’Or à Meslay-du-Maine, proposa à son voisin d’emporter le lieutenant. Celui-ci refusa devant le danger. Le soldat Robert n’hésita pas, se mit à genoux, coupa les courroies du sac de l’officier et lui fit un pansement à la tête. Les deux hommes se trouvait sous les rafales de projectiles. Robert dut probablement abandonner son chef lorsque le 124ème se replia. Un blessé croit avoir entendu l’officier râler jusqu’à 5 h00. L’aumônier Dassonville dira qu’il dut entrer dans le coma très rapidement. C’est un blessé qui lui rapporta que le lieutenant Bertrand venait d’être touché. Le soir, accompagné d’un soldat, il se mit à la recherche de l’officier. Il trouva le corps largement éclairé par le clair de lune. Il le reconnu assez facilement. Il était déjà tard. Le corps était à peine refroidi. Ce n’est que dans la nuit du 6 au 7 que son cadavre peut être enlevé.


Liste Alphabétique

des Morts de la Commune

(Source MémorialGenWeb – Mémoire des Hommes)

Grande Guerre 1914-1918

Commune : SAINT-ELLIER-du-MAINE (53220) – (appellation « du Maine » depuis 1919) Commune de Pontmain – fusion des deux communes en 1972. Canton de : Landivy (1984)

Description :

Monument en granit comprenant soubassement, piédestal, socle et stèle, d’une hauteur de 3 mètres 90. La face avant de la stèle est ornée d’une croix de Genève gravée et d’une couronne avec palme, sculptées dans la pierre. Une palme en bronze est fixée sur sa base. Des plaques en marbre portent la dédicace et les listes de défunts. Un livre en granit et des plaques portent les noms des morts des autres conflits.
Emplacement : Place de la Mairie – Face à la D 33.
Entrepreneur : M. Québriac Marbrier à Ernée
Embellissement : M. Petit – Marbrier à Fougères
Inscription : La commune de Saint-Ellier du Maine à ses Enfants Morts pour la France au cours de la Grande Guerre 1914-1918
Décédés
en 1914-1918 : 30
en 1939-1945 :   2
en Indochine :   2 (dont 1 au Tonkin en 1923)
en A.F.N.        :   2 (dont 1 au Maroc en 1927 )

En 1920, M. Edouard Guesdon, maire, passe un marché avec M. Quèbriac pour la fourniture du monument moyennant la somme de 2.700 Francs. Le transport de ce dernier entre Ernée et Saint-Ellier étant assuré par ses habitants. En 1922, marché avec M. Petit pour embellissement du monument, fourniture de la croix de guerre, des plaques de marbre et des chaînes qui, avec pour support  4 obus, ceintureront le monument. Coût : 1.500 Francs.